Depuis plus de trente ans, Passe-moi les jumelles raconte des parcours humains en prenant le temps. Une émission à contre-courant, devenue un repère dans le paysage télévisuel romand.
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Depuis plus de trente ans, Passe-moi les jumelles raconte des parcours humains en prenant le temps. Une émission à contre-courant, devenue un repère dans le paysage télévisuel romand.
Christophe Gillioz
24 janvier 2026
Depuis plus de trente ans, Passe-moi les jumelles occupe une place singulière dans le paysage télévisuel romand. Loin de l’actualité brûlante et des formats courts, l’émission s’est construite sur une idée simple: raconter des parcours, observer des lieux, suivre des femmes et des hommes dans leur quotidien. Une télévision qui choisit la durée plutôt que la vitesse.
Lancée au début des années 1990 par Benoît Aymon, Pierre-Pascal Rossi et Claude Delieutraz, l’émission a très tôt trouvé son ton. Caméras sur l’épaule, présence discrète, attention portée aux gestes et aux silences. Le slogan d’origine, «le plaisir avant la performance», résume encore aujourd’hui l’esprit du programme. À contre-courant déjà à l’époque, ce parti pris s’est imposé dans le temps.
Ce qui fait la force de Passe-moi les jumelles, ce sont avant tout ses histoires. Des portraits d’alpinistes, d’artisans, de bergers, de naturalistes ou de passionnés, souvent éloignés des projecteurs. Pas besoin d’aller loin pour trouver des récits forts. L’émission a toujours privilégié la proximité, convaincue que l’intérêt naît moins du décor que de la trajectoire humaine.
La forme a évolué, la technique aussi. Des caméras lourdes aux drones légers, des tournages contraints aux images plus libres. Mais le fond est resté le même. La technologie ne dicte pas le récit, elle l’accompagne. Les équipes prennent le temps, parfois sur plusieurs mois, pour installer une relation de confiance avec les personnes filmées. Une démarche devenue rare à l’ère de l’instantané.
Depuis 2019, c’est Matthieu Fournier qui tient les rênes de l’émission. Journaliste de formation, passé par l’actualité télévisée, il a dû changer de tempo. Moins expliquer, davantage écouter. Moins intervenir, davantage laisser faire. Une posture qui s’inscrit dans la continuité du programme, sans chercher à le réinventer.
Sous sa conduite, Passe-moi les jumelles poursuit le même objectif: montrer sans démontrer, suggérer sans imposer. L’émission ne cherche pas à délivrer un message unique, encore moins à moraliser. Elle propose un regard. Au public ensuite de se l’approprier.
C’est précisément cette approche que Matthieu Fournier développe lorsqu’il parle de son métier et de son rapport à l’émission. De la manière dont on choisit un sujet, de la responsabilité que cela implique, et de ce que signifie raconter des histoires à la télévision aujourd’hui. Un échange qui éclaire l’envers du décor et prolonge, autrement, l’esprit de Passe-moi les jumelles.
Présentateur de Passe-moi les jumelles, Matthieu Fournier revient sur son parcours, son rapport à la montagne et sa manière de raconter le réel à la télévision.