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Quand le cirque devient une manière de vivre

Ancien patron de bistrot et de discothèque, Alain de Preux a trouvé dans le cirque une autre manière de créer du lien, à travers l’école Circasierre à Sierre.

Portrait de Christophe Gillioz, fondateur de Disons-le

Christophe Gillioz

24 janvier 2026

© Circasierre

À Sierre, le cirque ne se limite pas à une piste, des agrès et des applaudissements. Il prend la forme d’un lieu, d’une transmission, et surtout d’un parcours humain peu ordinaire. Celui d’Alain de Preux, fondateur de l’école de cirque Circasierre.

Rien ne prédestinait pourtant cet ancien patron de bistrot et de discothèque à consacrer une partie de sa vie à l’univers circassien. Et c’est précisément ce détour qui fait sens. Chez lui, le cirque n’est pas une vocation précoce, mais une évidence construite avec le temps, les rencontres et l’expérience.

Un parcours hors normes, loin des lignes droites

Alain de Preux a longtemps évolué dans des mondes où l’on travaille quand les autres dorment. La nuit, la gestion, le contact humain, l’imprévu. Des métiers exigeants, parfois bruyants, souvent intenses. Des expériences qui forgent une capacité d’adaptation et une attention particulière aux personnes.

Lorsqu’il s’engage dans le cirque, ce n’est pas pour changer de décor, mais pour prolonger une même logique. Créer un lieu vivant. Accueillir. Donner un cadre où chacun trouve sa place.

Le cirque comme école de confiance

À Circasierre, on apprend bien sûr à jongler, à grimper, à tenir l’équilibre. Mais l’essentiel se joue ailleurs. Le cirque devient un outil pour apprivoiser son corps, son rapport aux autres, sa peur du regard.

Il n’est pas question de performance à tout prix. Ce qui compte, c’est le chemin. Le moment où un enfant ose monter plus haut. Où un adulte accepte de lâcher prise. Où l’erreur devient un passage, pas un échec.

Cette approche, Alain de Preux la défend sans discours théorique. Elle s’est construite dans le concret, au fil des cours, des groupes, des années.

Transmettre sans formater

Circasierre n’a jamais cherché à produire des artistes à la chaîne. L’école revendique une pratique accessible, ouverte, ancrée dans le territoire. Le cirque comme espace d’expression, pas comme objectif de carrière imposé.

Ce positionnement attire un public varié. Enfants, adolescents, adultes. Certains viennent pour le mouvement. D’autres pour la confiance. D’autres encore pour le simple plaisir d’essayer.

Le cirque devient alors un langage commun, où chacun avance à son rythme.

Une retraite très relative

Officiellement à la retraite, Alain de Preux continue pourtant de s’investir dans l’école. Par choix. Par attachement. Parce que transmettre ne se coupe pas net, surtout quand on a bâti quelque chose qui dépasse sa propre personne.

Circasierre vit aujourd’hui grâce à cette vision patiente, façonnée loin des effets de mode. Un projet qui s’inscrit dans la durée, comme un équilibre qu’on ajuste sans cesse, un pied après l’autre.

À Sierre, le cirque n’est pas seulement un spectacle. C’est une manière de regarder le monde autrement.

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par Christophe Gillioz

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